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 › DAKEON - memories are worse than bullets.

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MessageSujet: › DAKEON - memories are worse than bullets.   Sam 5 Juil - 9:43


A MARCH INTO WATER
Il fut un temps où la présence de Dakota Fitzgeral me rappelait l'été, les fusils à eau et les pêches. Une époque où son rire, ses yeux, suffisaient a me rappeler des jours meilleurs ; ceux où Catherine, elle et les autres étaient heureux, dans le jardin, jouant à chat ou courant avec les chiens. Quelques saisons où pour moi, la petite était synonyme de mémoires, comme un artéfact d'une ère lointaine. C'était dans ses paroles, c'était dans ses gestes. C'était dans sa jeunesse, c'était en elle : cette vitalité, cette innocence.  En Dakota, je voyais ma soeur grandir, mais je voyais aussi mon reflet. Elle partageait ma douleur, elle pouvait comprendre mes maux. Nous étions liés par la pire des tragédies - Quelque part dans le ciel, nos étoiles avaient valsé ensemble un temps, avant qu'elle me file entre les doigts, qu'elle parte. Ça n'avait rien de romantique, rien de beau. C'était seulement une danse, des cœurs ensanglantés qui s'étaient compris d'un regard, mais qui toujours, saignaient.

Il fut un temps où la simple mention de son prénom me faisait sentir toute ma faiblesse. Une époque où un simple rappel de son existence suffisait à me désarmer. Elle était partie. Elle avait réussit à s'enfuir. Dakota avait goûté au paradis alors que moi, j'étais toujours coincé en enfer, entre les mêmes quatre murs peints vert forêt. J'avais honte. J'avais peur. J'avais mal. Elle était forte, indépendante; Moi, son opposé. Seul, j'avais cru en une connexion, qui au final, n'avait peut-être jamais existé. Je m'étais imaginé que quelque part dans ce monde quelqu'un pouvait comprendre – vraiment comprendre – mais comme d'habitude, ce n'était que fantasmes. Pour preuve, elle ne m'avait pas dit au revoir en partant, ni bonjour en rentrant, comme un voleur l'aurait fait. Cela n'avait rien de romantique, rien de beau. Ce n'était que de la jalousie – le plus vil des sentiments.

Puis, il fut aujourd'hui. Une époque d'anxiété et de souffrance.

C'est elle que je remarque, dès que j'entre dans la supérette : Elle, mon trou noir, ce gouffre dans mon estomac qui vite commence a m'avaler, est là. Soudainement, les secondes s'écoulent plus lentement, mes muscles se raidissent, mon sang ne fait qu'un tour. Je suis tétanisé, pris par un mélange de crainte de et colère. Inspire, expire selon la technique du psychologue. D'un pas se voulant décidé, je me dirige vers le fond du magasin. Longtemps j'ai tenté de me l'expliquer Dakota, sans jamais savoir comment. Je suppose que c'est simplement qu'elle était présente durant ses moments tatouages, ceux qui ont fait de moi l'être que je suis. Depuis, j'ai Fitzgerald gravé dans la peau que je le veuille ou non.

Cela n'a rien de romantique, vraiment rien de beau.

Je passe une main dans mes cheveux, me concentre sur les différentes bière disponibles. Papa dit ne pas aimer les brasseries d'importance. Il préfère que son vice soutienne des honnêtes travailleurs, des gens de chez lui. Je compare rapidement les prix, je pense au paiement du loyer dût le mois prochain, aux heures supplémentaires que je devrais faire pour faire réparer ma voiture. Je ne sais pas pourquoi je continue, qu'est ce qui m'empêche de le quitter, pourquoi je l'aide. Papa boirait de la pisse de chat mêlée a de l'alcool a friction, et ses papilles brûlées par la liqueur n'y verraient pas de différence. Je choisis alors l'option moins chère, frissonnant lorsque ma peau est soumise a l'air froid du réfrigérateur.

Au dessus de ma tête, les néons grésillent, émettant une lumière des moins agréables.

La supérette baigne dans leur lumière froide, bleutée. Dessous, le sol est sale des passages des autres clients, on voit clairement des traces de pas boueux près de l'étalage de magazines. Au comptoir, la caissière passe le temps en feuilletant le journal, tasse de café bon marché à la main. Je note tout cela simplement parce qu'elle se trouve a quelques mètres. Je ne peux pas regarder droit, mon intérieur, petit a petit, tombant dans l'abysse. Je fais quelques pas. Je respire. J'évite.

Devant moi, du pain. Maman avait l'habitude d'en faire tous les samedis. Avec le temps, j'ai oublié le goût qu'il avait, sa texture. Tout ce qui me revient, c'est son parfum. Il se répandait dans toute la maison et forçait même le plus repus à en avaler une ou deux tranches. Comme tout, mes souvenirs de maman lentement s'effacent, se dégradent. Bientôt, j'aurais tout oublié, sauf le parfum du pain et cette dernière image d'elle, celle que j'aurais préféré ne pas voir.

Devant moi, j'ai le choix entre du blanc, du brun ou du multi-grains. Je ne fais aucun choix. Je me retourne, plutôt. C'est inattendu, je ne comprends pas ce que je fais; C'est comme si en moi une super nova venait d'exploser. Je veux me retenir, mais c'est plus fort que moi, je vomis des mots, des pensées secrètes.

Je J'inspire, je suis ridicule. Pourquoi tu ne m'as rien dit? Je la regarde timidement, puis, la fixe comme je n'ai jamais osé le faire. C'est toujours la même question, depuis deux ans. La vérité, c'est que Dakota ne me dois rien, et je le sais. Elle n'était qu'une petite fille prise dans la même tempête que moi. Depuis le départ, le problème, il vient de moi. Je suis celui avec un trou béant au cœur. Le grand frère orphelin de sœur, qui n'arrive pas a imaginer sa vie sans quelqu'un sur qui veiller. Désolé, laisses tomber.




Dernière édition par Leon Trépagnier le Ven 18 Juil - 6:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: › DAKEON - memories are worse than bullets.   Ven 18 Juil - 4:25

   
A march into water.
Memories are worst than bullets. @ ALASKA.
 
 
Avec la mort de Summer, c’était tout un pan de leur futur radieux qui s’en était allé. L’enfant qu’elle était, le sourire édenté qu’elle lui adressait – « Regarde, Dak, j’ai encore perdu une dent ! » – tout avait subitement volé en éclat en leur laissant un arrière-goût de cendres. D’inachevé. Pendant longtemps, Dakota en avait voulu à cet homme qui avait cru qu’en faisant payer d’innocents gamins, il parviendrait à se faire entendre. Pourquoi emporter autant de victimes dans son sillage ? Pourquoi ne pas s’être fait exploser le crâne dans son salon, s’il tenait tant que ça à mourir ? La vie était cruellement injuste. C’était une dure leçon à apprendre, surtout pour une petite fille d’une dizaine d’années. Pour ne pas sombrer dans la même spirale infernale que les autres, la jolie tête blonde avait concentré tous ses efforts sur son rêve de devenir quelqu’un, parce qu’au fond c’était aussi ce que Summer voulait. Il n’y avait plus eu d’été dans la vie de Dakota après ça, seulement quelques printemps fleuris, d’interminables hivers et de déprimants automnes. Elle avait perdu une partie d’elle-même ce jour-là, au même titre que bon nombre d’élèves, au même titre que ces familles dévastées par la perte d’un enfant. Néanmoins, contre toute attente, elle était parvenue à s’en sortir, elle. Mettant de côté les cauchemars pendant une poignée d’années, elle avait réussi à frôler le paradis du bout des doigts avant d’être brutalement rejetée en enfer. Sa petite parcelle d’enfer personnelle. Sa damnation. Sa prison de sueurs froides et de doutes.

En revenant à Lewisburg, elle s’était bien gardée de faire savoir aux habitants qu’elle était de retour. Renfermée, distante, elle avait passé les premiers jours chez sa meilleure amie avant d’oser braver le regard des autres ; ça avait été difficile, mais aujourd’hui elle était capable de marcher parmi eux sans avoir l’impression de revivre ce même traumatisme. Cette période pendant laquelle tout le monde la surveillait du coin de l’œil comme si elle menaçait de s’effondrer en larmes parce qu’elle était « la p’tite Fitzgerald », celle qui avait perdu une sœur dans le massacre. Celle qui avait survécu. Pourquoi elle et pas Summer, au fond ? Ce n’était qu’une question de chance, de timing, de destin. C’était cruel, affreusement cruel, mais elle avait rapidement comprit qu’elle n’était pas en mesure de changer le passé. Personne ne l’était. Alors plutôt que de se raccrocher aux vestiges d’un sourire édenté, elle avait essayé d’aller de l’avant. Pour tout avouer, l’expérience n’avait pas été des plus concluantes, mais c’était mieux que rien. Mieux que de se morfondre en espérant que le temps apaise ses blessures. Ce n’était que des conneries. Le temps n’apaisait rien. C’était à nous seuls de nous occuper de nos plaies béantes et purulentes. A personne d’autre.

Elle avait même cru pendant un moment que la présence rassurante d’Ezra l’aiderait à remonter la pente, mais elle s’était une nouvelle fois trompée. Perdue dans ses pensées, la jeune femme cilla avant de fourrer le paquet de café dans son panier ; impressionnant comme un rien pouvait remuer ses souvenirs. Surtout depuis sa rupture. Elle avait l’impression de voguer entre deux eaux, d’être emportée par les vagues tumultueuses du passé et de l’avenir sans avoir la moindre foutue idée de ce qui l’attendait. Alors que Dakota s’apprêtait à changer d’allée, un homme s’approcha d’elle. De lui, elle n’aperçut que sa silhouette, grande et maigre, avant qu’il ne soit complètement sur elle et qu’il ne se mette à lui parler. Instantanément, sa voix trouva un écho dans sa mémoire et un long frisson lui parcouru l’échine. Avec un geste lent, elle releva la tête pour affronter le regard vide de Trépagnier. Des années avaient passé et il restait toujours le même. Le même homme à l’âme bosselée et déchirée. Le même homme aux prunelles dévastées. Elle s’accorda quelques secondes avant de lui répondre, sachant pertinemment de ce qu’il parlait. « Qu’est-ce que tu voulais que je te dise ? »

Les mots étaient sortis sans effort, portés par sa voix lasse. Résignée. Cela faisait trop longtemps qu’elle fuyait Leon en espérant qu’ainsi les démons ne reviendraient pas la hanter avec trop d’ardeur. Manifestement, l’éviter n’avait rien changé. Les cauchemars étaient quand même revenus et elle souffrait. Peut-être même qu’elle souffrait davantage, à cause d’Ezra et à cause de l’isolement volontaire auquel elle s’exposait. Personne n’était fait pour la solitude. L’être humain avait besoin de contacts, aussi minimes soient-ils, aussi éphémères soient-ils. Bras croisés sur son panier à moitié rempli d’objets essentiels au quotidien et d’une bouteille de scotch, elle haussa maladroitement les épaules en maintenant le contact visuel. « Si j’avais su que tu t’intéressais à mon retour, je t’aurais appelé une fois à l’aéroport : ça m’aurait évité de payer le taxi. » Cette nonchalance, cet air blasé. Elle se mordilla la lèvre inférieure en inclinant légèrement la tête sur le côté, guettant sa réaction. Elle ne supportait pas le flegme indescriptible de Leon, cette façon qu’il avait de laisser les évènements se passer autour de lui sans rien dire ou faire. Elle avait parfois envie de le brusquer, de le forcer à émettre clairement son opinion. Alors, elle le provoquait, cette technique étant entrée dans son vocabulaire et dans sa gestuelle depuis des années. Ca, elle savait le faire. Son psychologue lui disait souvent qu’elle cherchait à exaspérer son entourage afin d’éviter de répondre à des questions embarrassantes ou de tout simplement se dévoiler. Il lui disait qu’elle dissimulait ses sentiments derrière un masque, en prétextant être franche alors qu’elle était juste blessante. Mais concrètement, Dakota n’en n’avait rien à faire de ce qu’il lui disait. C’était ce dont elle se persuadait. Et pourtant, les mots du docteur prenaient toute leur ampleur dès qu’elle se donnait la peine d’y réfléchir. Ils étaient vrais.
 
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