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 (i&m) ⊱ since we last spoke

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MessageSujet: (i&m) ⊱ since we last spoke   Dim 6 Juil - 13:15




SINCE WE LAST SPOKE
Irene & Meiko

❖ ❖ ❖



Lorsque le réveil de Meiko s’était mis à sonner ce matin-là, la japonaise était déjà réveillée depuis bien longtemps. La tête posée sur l’oreiller, elle s’était contentée d’observer les minutes défiler de 4h30 à 6h30 jusqu’à ce que la voix des animateurs radio de Lewisburg ne l’informe de la météo du jour. Le temps était une notion devenue si précieuse que le constat lui paru d’autant plus effrayant ; elle venait tout juste de le gâcher en passant deux heures à ressasser ce qui s’était passé la veille. Contre toute attente, Leon était venu frapper à sa porte. Meiko ne s’était pas attendue à une visite de courtoisie, mais elle ne s’était pas non plus attendue à ce qu’il lui réclame le bracelet de Catherine qui, pendant 18 ans, n’avait jamais quitté son poignet. Et, bien sûr, cette visite surprise avait débouché sur une énième dispute. Fut un temps où Meiko entretenait encore de bonnes relations avec le frère de sa défunte meilleure amie, mais cette époque semblait désormais révolue et même si l’amitié de Leon avait longtemps compté à ses yeux, la japonaise en venait à être soulagée du fossé qui s’était creusé entre eux. Pourquoi ? A vrai dire, elle ne se l’expliquait pas vraiment. Néanmoins, toute cette histoire continuait de la travailler. D’ailleurs, comme en témoignait les cernes profonds qui creusaient ses yeux, Meiko n’en avait pas dormi de la nuit !

C’est en se concentrant de nouveau sur le réveil-matin qu’elle prit conscience des cinq minutes supplémentaires qu’elle venait de passer à se lamenter sur son sort et consentit enfin à éteindre l’appareil d’un geste las. Bien qu’aucune volonté ne l’habite, elle parvint tout de même – par un effort quasi-surhumain - à s’asseoir au bord du lit et à glisser ses pieds dans une paire de pantoufles confortables et chaleureuses. S’en suivit un rituel quotidien qui dura plus longtemps que prévu étant donné que Meiko s’était éternisée sous le jet d’eau chaude qui, à défaut de la réveiller, lui donnait envie de se recoucher. Puis, lorsqu’elle eut terminée, son premier réflexe fut d’attraper son portable et de consulter ses messages dans l’espoir que, peut-être, Leon éprouverait quelques remords. Mais, rien. Nada. Sauf peut-être un message d’Irene. L’amie prodige revenue après cinq longues années d’absence ; celle-ci lui proposait de la rejoindre au bar qu’elle gérait désormais pour discuter. La japonaise tiqua. Elle éprouvait toujours autant d’amertume à son égard et n’était pas sûre d’être prête pour une énième confrontation après celle d’hier, mais contrairement à Leon, Irene semblait tout mettre en œuvre pour retrouver son estime. En souvenir de leur amitié, Meiko devait au moins lui accorder le bénéfice du doute, une seconde. Peut-être que, finalement, quelque chose de bon ressortirait enfin de toute cette histoire…

Depuis le trottoir d’en face, la japonaise observait la façade du Long Jazz Club avec une certaine appréhension. Ce n’était pas le genre d’endroit qu’elle avait l’habitude de fréquenter et ça la surprenait même de savoir Irene aux commandes d’un bar de cette envergure. Ces années à barouder ont dû la changer, pensa-t-elle. Et Meiko l’enviait dans la mesure où il lui était impossible de quitter Lewisburg, malgré le traumatisme qu’elle y avait subi. Elle soupira, s’évertuant à chasser toutes ces mauvaises pensées et se décida enfin à quitter son point d’ancrage. Un coup d’œil à gauche, un à droite et voilà qu’elle traversait enfin la voirie pour venir se réfugier à l’intérieur. A peine eut-elle ouvert la porte que les regards des quelques clients présents se braquèrent dans sa direction. Meiko n’aimait pas être le centre de l’attention. Plus depuis l’âge de 9 ans. Elle eut envie de prendre les jambes à son cou, de retourner dans son appartement et, si possible, de rattraper les heures de sommeil que Leon lui avait volé, mais ce fut le moment que choisit Irene pour revenir de l’arrière-salle. Elle l’avait vu, lui souriait comme jamais. Il ne lui était plus possible de se défiler. Meiko lui rendit son sourire. Plus réservé, mal à l’aise. Elle s’avança timidement et pris place sur l’un des tabourets du bar, à l’écart des clients et de l’odeur âcre de la fumée cigarette. « Tu voulais me voir. Je suis là. » dit-elle simplement, en guise d’introduction. On l'avait connu plus chaleureuse. Meiko fit une rapide reconnaissance des lieux. « Je n'étais jamais venue ici. C'est plutôt sympa. » concéda-t-elle malgré tout, plus dans l'optique d'installer un climat propice à la conversation qu'autre chose.


J'ai piqué la mise en page d'ici

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MessageSujet: Re: (i&m) ⊱ since we last spoke   Lun 7 Juil - 22:49

since we last spoke
FT. MEIKO SÔMA

Les yeux rivés sur l'écran de mon téléphone, j'étais plus concentrée et sérieuse que jamais. Dans l'attente d'un signe divin qui n'apparaîtrait jamais, j'avais passé les dernière minutes à fixer le cellulaire en espérant pouvoir prendre mon courage à deux mains. En vain. Soufflant une énième fois, je m'étirais, regardant autour de moi, comme pour penser à autre chose. Pourtant le silence mortel de mon appartement était fortement propice à la réflexion. Je me levais du canapé, faisant quelques pas dans le salon. Il était tôt, mais le soleil avait déjà fait son apparition, et rayonnait de plus belle à travers mes volets. J'avais passé une très mauvaise nuit, à tourner en rond, encore et encore. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu un sommeil agité. Pas depuis plus de cinq ans en réalité. En quittant Lewisburg, et en laissant derrière moi mes soucis, j'avais réussi à retrouver le sommeil d'un enfant, et à profiter de ce laps de temps où la réalité n'existait plus. Je n'avais pas pris une ride en cinq ans, pas une cerne non plus. Pourtant, depuis mon retour, j'étais exténuée. Entre mon emménagement, mon nouveau travail et la perspective de bientôt recroiser la femme que j'aimais, ma tête tournait dans tous les sens. Je n'étais plus habituée à un si grand taux de stress, et un si peu taux de fatigue. Les idées se mélangeaient dans ma tête, et ça ne faisait pas bon ménage.

Réveillée depuis l'aube, je tournais en rond comme un lion dans une cage. J'avais à la fois beaucoup de choses à faire, et pourtant si peu la motivation de les réaliser. Alors je m'étais installée sur mon canapé, zappant les chaînes à chaque publicité, en quête d'une émission ou d'une série à regarder. Par la même occasion, je laissais à mon esprit un nouveau dilemme : reprendre contact avec Meiko ou pas. Si il était évident qu'à un moment ou à un autre nous allions nous recroiser, j'hésitais quant à la façon dont ça allait se produire. En ville depuis déjà deux mois, si elle en avait eu vent, je pouvais bel et bien m'en prendre pleine la figure. Ce qui était totalement légitime, en plus des cinq dernières années. Me dirigeant vers la cuisine, je pris une bouteille d'eau du frigidaire, pour me rafraîchir un peu. Je devais le faire. Hochant la tête en signe d'approbation, à moi même, j'avançais une nouvelle fois vers le canapé, attrapant mon téléphone. S'afficha la fiche de contact de Meiko. Mes doigts tapotèrent un message court, net et précis, sans de grands détails ni de tournure étrange. Je ne devais pas trop en dire, je voulais pouvoir m'exprimer face à Meiko, et non face à un objet technologique. Décidée, j'envoyais le message.

Pénétrant dans le club, l'endroit était calme. Cela ne me changeait pas de mon appartement. Peu de temps après mon arrivée, mes employés firent de même, bientôt suivis par des habitués de l'endroit. C'était plus que plaisant de voir que même ceux qui avait connu l'ancien propriétaire revenaient tout de même dans les yeux, m'accordant alors leur plus grande confiance. C'était une chose qui était rare pour moi, qu'on m'accorde une confiance. Peu étaient ceux qui avaient un jour cru en moi. Souvent, j'avais l'impression que personne d'autre que moi-même n'avait d'espoir en moi. Trêve de nostalgie, je décidais de quitter mon bureau un instant pour voir si Meiko arrivait. Comme si je l'avais pressenti, je la vis à l'entrée du club. Elle n'avait pas changé. Lui faisant signe d'approcher, je sentais mon stress montait. "Tu es superbe. Tu veux quelque chose à boire ?" Une distance énorme s'était créée entre nous c'était quasiment palpable. "C'est un chouette endroit, je suis fière d'y travailler." Dis-je avec le sourire. Je n'avais aucune idée par où commencer, je n'étais pas habituée à ce genre de conversation. "Je crois que je te dois des excuses, et des explications." J'étais plus gênée que jamais, mais j'essayais tant bien que mal de le cacher.
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